Sortir la femme rurale de la précarité !

510Les femmes rurales au Mali représentent 51,6 % de la population dans les campagnes, et constituent 60 % de la main-d’œuvre agricole. Elles apportent environ 80 % de la production alimentaire nationale.

Pourtant, ces femmes font face à un statut précaire au regard du droit coutumier, qui ne leur reconnaît pas le droit d’être propriétaires des terrains qu’elles cultivent.

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Alors que ces dernières années, la spéculation foncière s’est accélérée dans le pays, elles sont les premières victimes de la concurrence, sans titres de propriété, souvent sans revenus pour accéder à des parcelles dont le prix est devenu trop élevé, n’ayant pas non plus accès au système de crédit traditionnel.

Le 16 août 2006, une Loi d’Orientation Agricole (LOA) a été adoptée par l’Assemblée nationale du Mali, suite à de larges concertations menées auprès des paysans et les paysannes pendant plusieurs mois, aux niveaux local, régional et national.

C’est la première fois au Mali qu’une partie de la société civile a été impliquée à un aussi haut niveau, et que des acteurs sociaux – à plus forte raison des paysans – ont été « maîtres d’œuvre » dans l’élaboration d’une loi. Ces concertations ont été l’occasion pour les paysans et les femmes rurales de parler de leurs difficultés et de leur vision de l’agriculture pour les années à venir, permettant qu’une partie de leurs revendications soient intégrées à la loi.

Ainsi, dans l’article 25 il est dit que « L’Etat privilégie l’installation des jeunes, des femmes et des groupes vulnérables comme exploitants agricoles, notamment en favorisant leur accès aux facteurs de production et par des mécanismes d’appuis techniques ou financiers particuliers ».

L’article 89 ajoute qu’un « accès équitable aux ressources foncières agricoles est assuré aux différentes catégories d’exploitants agricoles.

A cet égard, des groupes vulnérables, comme les femmes, bénéficient de mesures de discrimination positive dans l’attribution des parcelles au niveau des zones aménagées sur fonds publics ».

L’ONG Femmes et Développement ne se contente pas de l’appui des partenaires. En plus de sa mission classique d’éducation citoyenne et de plaidoyer lobbying au bénéfice des couches défavorisées de la population, conformément au contrat cadre qui la lie au Gouvernement du Mali, elle se mobilise systématiquement pour toutes les causes qui touchent les populations Maliennes, particulièrement la population féminine et jeune. C’est ainsi que sur fonds propres, elle a distribué de 2002 à 2016, une quarantaine de kit d’une valeur de 250 000 F CFA, pour un montant total de 10 000 000 F CFA, à des groupements de femmes en situation difficile, et des femmes paysannes.


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